Des bassins de collecte des eaux pour sauver l’agriculture au Burkina Faso

Published 9:00 am
December 11, 2015
1-
Un bassin de pisciculture issu du projet de BCER. Photo credits: Jean-Jacques Conombo.
Les effets néfastes du changement climatique se font de plus en plus sentir au Burkina Faso. Pour mieux s’adapter au phénomène, le gouvernement s’est engagé dans la recherche de solutions au profit des producteurs.  
Selon le climatologue Jean-Marie Dipama, les premières manifestations du changement climatique au Burkina Faso remontent au début des années 1970. Depuis, chaque année, le pays connait de fortes inondations, des invasions acridiennes ainsi que des régimes pluviométriques exceptionnels ponctués par des épisodes de sécheresses.
Chez les agriculteurs, tous ces éléments ont contribué à la baisse des rendements et à la perturbation du calendrier agricole. Tasséré Sayoré, exploitant agricole de la ville de Gorgho (à une dizaine de km de Koupéla dans la région du Centre-Est) a cependant pu profiter de conditions de travail plus favorables.
En effet, grâce à son bassin de collecte des eaux de ruissellement (BCER), il est parvenu à recueillir de précieuses quantités d’eau pour l’arrosage de ses semis. Au total, ses cultures (maïs, sorgho, riz, niébé, sésame) occupent une superficie emblavée de 10,06 ha.

2-

Des cultures au stade de montaison et d’épiaison. Photo credits: Jean-Jacques Conombo.
Le bassin de collecte des eaux de ruissellement (BCER), en plus d’être à la portée de tous, permet aussi aux producteurs de s’adapter aux aléas climatiques et d’augmenter leur productivité.
Grâce à son bassin d’une surface de 15 m de long sur 7 m de large et de 2 m de profondeur, le producteur affirme collecter régulièrement environ 210 m³ d’eaux.
« En cas de poche de sécheresse de deux à cinq semaines, j’arrose mes cultures par voie d’irrigation. Avec cette technique, sur une superficie de 0,25 ha de maïs cultivé l’an passé, j’ai pu récolter environ 12 sacs de 100 kg. Je pense faire encore mieux pour les prochaines récoltes, » nous confie-t-il.
M. Sayoré compte en effet diversifier ses sources de revenus à travers la culture maraichère et la pisciculture.

4-

Le promoteur Tasséré Sayoré souhaite voir l’Etat prendre une part active dans la construction de son 2e bassin. Photo credits: Jean-Jacques Conombo.
« Grâce à la vente de silures et de légumes (tomates, aubergine, melon et courgettes) je peux subvenir aux besoins de ma famille, » dit-il« Et pour renforcer ma production, j’ai construit un 2e bassin d’une longueur de 31 m de long sur 21 m de large. »
Malheureusement, l’insuffisance des ressources matérielles et financières vient quelque peu troubler l’enthousiasme de M. Sayoré et les siens.
« En plus du coût du matériel et de la main-d’œuvre, la construction d’un bassin nécessite plus de 2 500 000 FCFA », explique-t-il. Cette technologie, mise en place depuis 2012, n’est pas à la portée de tous les producteurs burkinabè.
En effet, « lancé en 2012, ce projet permis la réalisation de près de 9500 bassins, » révèle le directeur général des aménagements agricoles et du développement de l’irrigation (DGADI), Alassane Guiré. Au total, 351 personnes ont été formées à la maitrise des BCER.

3-

Selon le directeur général des aménagements agricoles et du développement de l’irrigation (DGADI), Alassane Guiré, l’Etat compte construire 3000 bassins de collecte des eaux de ruissellement en 2015. Photo credits: Jean-Jacques Conombo.
Selon Alassane Guiré, chaque commune dispose aujourd’hui d’un tâcheron, qui, au besoin, apporte son soutien au producteur. « Le gouvernement s’engage à  assurer la réalisation d’environ 3 000 bassins sur l’ensemble du territoire pour l’année 2015, » souligne-t-il.
Remerciements à Simon Roger, journaliste pour Le Monde pour le suivi et le développement de l’article de Fleur Birba. Fleur Birba est une  journaliste du quotidien burkinabè les “Éditions Sidwaya“. Diplômée de Lettres Modernes, elle obtient son diplôme universitaire technique (DUT) en science et techniques de l’information et de la communication. Fleur travaille depuis 2011 comme journaliste, et couvre des sujets  liés à l’environnement et au changement climatique au Burkina Faso.
The CVF is an official partner in the Voices2Paris initiative led by UNDP and the CVF blog will publish stories and other updates from the contest on the CVF site during November/December 2015.

Sign-up to receive our updates

Keep yourself updated on the CVF's latest work and plans.